CONGRES INTERNATIONAL « A HAUTEUR DHOMME »
2005
Intervention
de Catherine Lalumière
Je
trouve que même sil y a des besoins sociaux, des besoins
dassistance, des besoins daide, des besoins de soutien,
cette volonté de prendre les choses à bras le corps
et dêtre des citoyens comme les autres est un changement
dattitude extrêmement positif, et je tiens à le
saluer d'emblée.
Et puis il y a dans laction du Collectif « A Hauteur dHomme
» un autre point qui me semble excellent : cest la
volonté de rassemblement au niveau national, mais aussi au
niveau Européen et au niveau international, en se tournant
en particulier vers nos amis dEurope centrale et orientale.
Cette volonté douverture me parait là aussi remarquable,
et jai noté plus particulièrement que vous regroupiez
à ce jour 105 associations partenaires, 80 correspondants internationaux
appartenant à 50 pays.
Vous avez choisi comme thème principal de notre rencontre «
Vivre sans frontières ». A lépoque où
nous sommes, où il y a parfois une tendance à se replier
sur soi-même et à se méfier de létranger,
cette volonté douverture mérite, me semble-t-il,
dêtre soulignée et je suis heureuse de constater
ici cet esprit de solidarité à mille lieux du repli
sur soi et de la frilosité.
Cest lhommage que je voulais rendre d'emblée aux
initiatives qui sont conduites ici, à Bordeaux, grâce
à Bernard Frautschi et au Collectif Inter Associatif ainsi
rassemblé.
Alors que fait lEurope pour les personnes handicapées ?
Je dirai que laction de lEurope peut sembler à
la fois très importante et très décevante. Très
importante parce que les institutions européennes soccupent
beaucoup, beaucoup, beaucoup des handicaps et des personnes handicapées.
Il y a eu des quantités de réunions, il y a des structures
qui se mettent en place, il y a des textes qui sont adoptés.
Donc, à priori, oui, lEurope soccupe énormément
des questions liées au handicap. Mais sur le terrain, les actions
concrètes ne sont pas réalisées par lEurope.
Les actions concrètes nécessitent des budgets, nécessitent
des compétences juridiques, nécessitent des instruments,
qui nexistent quau niveau des Etats, au niveau des collectivités
locales, et en France au niveau des départements.
Mais les institutions européennes nont pas ces moyens
daction, donc cest forcément décevant. LEurope,
elle, agit pour sensibiliser, et sensibiliser les responsables politiques
au premier rang desquels les gouvernements. Elle agit pour favoriser
les échanges de bonnes pratiques. Il y a de bonnes idées
dans tel pays. Il faut les faire connaître dans d'autres pays,
ce qui est bien. LEurope le coordonne en favorisant l'existence
de réseaux qui permettent aux uns d'aider les autres.
Tout cela, lEurope le fait et le fait bien, mais on ne peut
pas compter sur les instances européennes pour agir véritablement
et intervenir concrètement sur le terrain. Pour l'instant,
ni l'Union européenne, ni le Conseil de l'Europe n'ont les
moyens d'intervenir ainsi. On est obligé de passer par les
Etats, ou par les villes ou par les départements pour apporter
des solutions de la manière souhaitée.
Ceci étant dit, que fait l'Union Européenne ? Ensuite,
je dirai quelques mots de cette autre organisation, le Conseil de
l'Europe qui en la matière a fait des choses quand même
très intéressantes.
En ce qui concerne lUnion Européenne, cest lorganisation
la plus connue par les temps qui courent, et dont on a beaucoup parlé
récemment. Cela pas toujours en termes très élogieux,
mais enfin elle a constitué un sujet de débat important
dans une chaude actualité qui reste en question.
LUnion européenne sest beaucoup occupée
du handicap. Cest en particulier le cas du Parlement européen,
qui a créé dailleurs un intergroupe avec des personnes
particulièrement motivées sur ces questions, et qui
prend régulièrement position sur tel et tel sujet intéressant
les personnes handicapées.
La Commission de Bruxelles a créé auprès delle
un groupe dexperts de haut niveau sur les questions du handicap.
On a créé également au niveau de la société
civile un Forum européen des personnes handicapées.
Ce « Forum » est en quelque sorte un lobby,
un groupe de pression, pour que les problèmes du handicap soient
constamment sur la table des travaux et du Parlement européen
et de la Commission de Bruxelles.
Récemment, ainsi que chacun sen souvient, 2003 a été
instauré par lUnion européenne comme lannée
des personnes handicapées. On a pu ainsi faire un bilan de
la situation dans les différents pays de lUnion. On a
également opéré un tournant intéressant.
Jusqualors, on abordait les question du handicap sous un angle
social et en insistant sur la nécessaire assistance due aux
personnes handicapées. En 2003, on a mis laccent sur
le fait que ce nétait pas suffisant et quil fallait
dépasser lassistanat en mettant tous les efforts pour
que les personnes handicapées soient des citoyens comme les
autres, avec les mêmes droits que les autres, et puissent autant
que faire se peut, être les plus autonomes possibles.
Ce virage a été consacré pendant cette année
2003. Et puis on a également mis le projecteur sur lEurope
centrale et orientale en constatant le retard de ces pays en ce qui
concerne les politiques concernant les personnes handicapées
et en accentuant les efforts pour que ce retard des dix nouveaux membres,
ceux qui nous ont rejoint le 1er mai 2004, se comble aussi vite que
possible.
Voilà grosso modo ce que lannée 2003 nous a permis
de faire. On espérait en 2003 quil y aurait enfin une
directive de lUnion européenne spécifique sur
le handicap. Malgré les espoirs, malgré les efforts,
on na pas eu ce texte. Donc, aujourdhui il ny a
pas encore de directive spécifique sur le handicap.
Cela ne veut pas dire quil ny ait pas des textes qui intéressent
les personnes handicapées. Simplement, la grande directive
qui aurait tout regroupé dans un texte spécifique reste
encore à létat de projet non réalisé,
mais pourtant bien nécessaire pour les objectifs à atteindre.
Voilà pour ce qui est de 2003, cette année charnière,
cette année phare pour la question du handicap. Ceci étant,
au fil des années, lUnion Européenne a fait un
certain nombre de choses. Il serait beaucoup trop long de toutes les
évoquer. Je vais simplement mettre laccent sur les principales
réalisations, les principales idées que lUnion
Européenne a eu ou a concrétisé ces dernières
années.
Première idée : cest dans le « jargon »
franglais que lon utilise, lidée de « mainstreaming ».
Le «mainstreaming », cela peut se traduire par lhorizontalité
dans toutes les politiques. Et Dieu sait si elles sont nombreuses
et variées. Il faut que le problème des personnes handicapées
soit pris en compte. Cest une volonté horizontale, qui
fait que désormais existent des mentions concernant les personnes
handicapées dans des textes qui ne leur sont pas réservés
mais qui ont des aspects intéressant le handicap.
Ainsi, quelques exemples de textes : des textes concernant la
jeunesse, quid des enfants handicapés, concernant la culture,
tous les problèmes daccessibilité, la construction
des immeubles, lurbanisme, lenvironnement, la fabrication
des ascenseurs, etc. Il y a des mentions que désormais les
industriels doivent respecter, en prenant en compte les différentes
formes de handicap.
Vous avez, par exemple, ce « mainstreaming »
en ce qui concerne légalité de traitement en matière
demploi. Il y a là une directive très importante
qui malheureusement nest pas encore transférée
en France. La France nest pas toujours un champion dans la mise
en uvre des directives européennes. Donc la directive
existe, mais la France ne la pas encore incorporée sur
notre sol, et cest pourtant très important puisquil
sagit de laccès à lemploi et à
la formation. Jespère que la France va combler son retard.
De même, le domaine de passation des marchés publics
na a priori rien à voir avec les handicaps. Pourtant
ceux-ci sont concernés. Dabord pour veiller à
ce que, dans les contrats et marchés publics, laccessibilité
soit un des critères du choix du prestataire de service, et
aussi pour favoriser les entreprises qui emploient des handicapés
selon les critères déterminés par la loi.
Evidemment, si une entreprise qui emploie des personnes handicapées
est préférée à une autre qui nen
emploie pas, cest intéressant pour celle-ci. Voilà
comment et pourquoi les marchés publics intéressent
le handicap. Maintenant, dans les directives concernant ces derniers,
il y a des mentions spéciales qui touchent directement ou indirectement
les personnes handicapées.
Même chose dans les directives concernant les transports. Là
aussi, il y a un problème daccessibilité. Même
chose en ce qui concerne les télécommunications. Celles-ci
bien sûr intéressent les personnes handicapées,
mais il faut que les matériels soient conçus pour être
utilisables malgré le handicap. Il faut donc en tenir compte
lorsque lon choisit des modèles, ou que lon en
achète.
Vous avez le secteur du tourisme. Là aussi, le mainstreaming
fait que maintenant existent dans les textes concernant le tourisme
des mentions spéciales à propos des personnes handicapées.
Même chose pour les directives concernant les politiques sociales,
même chose pour les textes concernant les administrations locales :
elles aussi doivent tenir compte des personnes en situation de handicap.
Même chose en ce qui concerne les technologies de linformation
et de la communication. Il faut aussi que tout soit conçu pour
être utilisable par des personnes handicapées. Dans la
liste des exemples de mainstreaming, citons un texte voté par
le Parlement européen, le 9 juin dernier. Cest une résolution
sur la mobilité des patients et lévolution des
soins de santé dans lUnion européenne. Vous voyez
la variété des secteurs dans lesquels désormais
il y a des dispositions spéciales pour tenir compte du handicap.
LUnion Européenne na pas fait que cela. En 2004,
elle a aussi fait que le Parlement européen adopte un programme
pluriannuel sur légalité des chances pour les
personnes handicapées avec un plan daction qui doit nous
conduire de 2004 à 2010.
Ce plan daction a plusieurs objectifs quil serait trop
long de détailler ici. Mais jespère quil
verra vraiment le jour car il constituerait une étape supplémentaire
en faveur des personnes handicapées. Mentionnons également
tout leffort qui a été fait ces derniers temps
notamment au sein du Forum Européen des Personnes Handicapées
pour associer de plus en plus celles-ci ou leurs représentants
venant des pays dEurope centrale et orientale.
Dans cet esprit, en décembre 2004, donc il y a six mois, sest
tenue à Sofia en Bulgarie une grande conférence sur
la personne handicapée. Cette rencontre avait été
organisée par la Commission de Bruxelles, par la Commission
Européenne, avec la volonté délibérée
dy réunir des représentants de tous ces pays dEurope
centrale et orientale.
Jen terminerai avec lUnion européenne en mentionnant
la Charte des Droits Fondamentaux de lUnion européenne,
qui était partie intégrante du traité constitutionnel
sur lequel la France sest prononcée de façon négative.
Et cest dommage parce que larticle 86 dit ceci :
« LUnion reconnaît et respecte le droit des
personnes handicapées à bénéficier de
mesures visant à assurer leur autonomie, leur intégration
sociale et professionnelle, et leur participation à la vie
de la communauté. »
Cet article est intéressant. Il na pas que des côtés
positifs mais, pour la première fois dans un texte aussi solennel,
des droits spécifiques étaient reconnus aux personnes
handicapées et ces droits de larticle 86 étaient
intégrés au chapitre concernant légalité
entre toutes les personnes. Ils nétaient pas intégrés
au chapitre concernant le social et la solidarité. Et là
aussi cest important. Cest dans le chapitre sur les droits
de lhomme, les droits de la personne, que figure cet article
86.
Cest toujours la même idée dominante, et jinsiste
là-dessus, des droits de la personne. On nest pas dans
le domaine de lassistance, on nest plus dans le domaine
du social, cest plus que cela. Cest la reconnaissance
dun droit comme les autres sur la base du principe dégalité.
Si certains dentre vous veulent en savoir davantage sur cet
article 86 qui est en train de tomber à leau parce que
le « non » français risque davoir
quand même quelques conséquences négatives, vous
pouvez consulter un des meilleurs spécialistes de cet article
86. Cest Monsieur Robert LAFOR, professeur à la faculté
de Bordeaux et directeur de lInstitut dEtudes Politiques
de Bordeaux, auteur dune étude récente de qualité
sur cet article 86 qui intéresse donc les personnes handicapées.
Voilà le panorama de ce qua fait ces dernières
années lUnion Européenne. A la fois beaucoup en
termes de sensibilisation, mais toujours à létat
de textes. Mais si ces textes ne sont pas appliqués sur le
terrain, cela restera des textes. Certes cest mieux que rien,
mais cest loin dêtre suffisant.
Un mot sur le Conseil de lEurope, cette autre organisation que
jaime beaucoup. Non seulement parce que jen ai été
la Secrétaire Générale pendant 5 ans (cela crée
des liens) mais surtout parce que le Conseil de lEurope a lavantage
sur lUnion Européenne de regrouper 46 pays réputés
européens. Ce qui pourrait susciter quelques discussions puisque
cela englobe lUkraine, la Russie, la Turquie et un certain nombre
de républiques qui vont de la Moldavie, à la Géorgie
et à lArménie entre autres.
Il sagit là dune large conception de lEurope.
Mais en ce qui concerne les personnes handicapées, il est particulièrement
intéressant que le Conseil de lEurope se préoccupe
delles dans ce cadre très vaste, car le handicap na
pas de frontières et, plus on peut répandre de bonnes
idées et de bonnes pratiques sur un vaste territoire, mieux
cest.
Ainsi le Conseil de lEurope a réuni le mois dernier un
sommet des chefs dEtats et de gouvernements à Varsovie.
Dans les conclusions de ce sommet, il est mentionné que le
Conseil de lEurope doit avoir lui aussi, comme lUnion
Européenne, un plan dactions mais qui devrait sappliquer
dans toute létendue de son champ géographique
dintervention.
Pour linstant, ce plan daction nest quà
létat de projet, mais on me disait récemment au
Conseil de lEurope que, si tout va bien, ce plan daction
pourra être adopté lhiver prochain. Cela est pour
le futur. Dans le passé, lévolution dans le Conseil
de lEurope a été semblable à lévolution
dans lUnion européenne. On est parti dune approche
sociale et dassistance. Et puis on a évolué vers
les droits de lhomme et vers la véritable citoyenneté
pour chaque individu.
Cest en 1959 et au début de son existence quapparaissent
au Conseil de lEurope les premières idées sur
laide aux personnes handicapées. En 1984 il adopte une
résolution relative à une politique cohérente
en matière de réadaptation de celles-ci dans la vie
sociale.
En 1992 il recommande à tous les pays membres une vraie politique
pour les personnes handicapées. En 1995 lAssemblée
Parlementaire du Conseil de lEurope adopte une charte sur leur
évaluation professionnelle. Cela permet de connaître
les possibilités réelles dune personne handicapée
et de voir quelles sont beaucoup plus grandes quon pouvait
limaginer auparavant.
En 2001 cette même Assemblée du Conseil de lEurope
adopte un texte très riche et très important avec une
annexe traitant des professions travaillant dans lenvironnement
bâti. Comment rendre les bâtiments accessibles en
mobilisant architectes, ingénieurs, urbanistes, etc.
Ces textes faits par des experts très compétents constituent
une mine de pistes et de renseignements pour tout laménagement
des bâtiments, des villes et de tout le cadre bâti. Une
autre annexe de ce même texte de 2001 est riche de conseils
sur un autre domaine essentiel de la vie des personnes handicapées :
lutilisation par elles des nouvelles technologies.
Leur adaptabilité, leur capacité, leur coût, leur
rapport qualité prix, autant de paramètres essentiels
à prendre en compte. Existent aussi des études sur les
secteurs professionnels où lutilisation de ces nouvelles
technologies peut permettre à des personnes handicapées
de travailler comme les autres.
Ce texte de 2001 a de multiples facettes. Ce qui est intéressant
avec ces instances européennes, cest la venue dexperts
des pays les plus en avance faisant bénéficier leurs
collègues de leur talent. Ce texte est le fruit de ces expériences.
Il faut donc le diffuser très largement dans notre pays.
Enfin, je mentionne toujours dans le cadre du Conseil de lEurope
la Conférence Européenne des ministres responsables
des politiques dintégration : quelquefois ce sont
les ministres de la santé, quelquefois ce sont les ministres
du travail. Cela dépend des pays. Mais tous ces ministres spécialisés
dans lintégration se sont retrouvés à Malaga
en mai 2003, Année des handicaps.
Ainsi le Conseil de lEurope avait, lui aussi, célébré
cette Année Européenne des Handicapés en organisant
une vaste rencontre inter ministérielle mais à léchelle
de sa dimension internationale particulière. A lépoque,
il y a avait déjà plus de 40 pays participants. Aujourdhui,
comme je vous lai dit, il y en a 46. Cette conférence
a été très riche, très intéressante
et inspire les actions qui sont en ce moment conduites concrètement
au sein du Conseil de lEurope pour lintégration
des personnes en situation de handicap.
Jajoute encore que le Conseil de lEurope travaille aussi
actuellement dans des domaines très spécialisés :
la réadaptation des personnes handicapées par la langue
des signes, un moyen de franchir le handicap de la surdité
ou celui de la langue en brisant les murs de lisolement par
lexpression orale.
Il travaille aussi sur le sort des enfants abandonnés en institutions.
Vous savez quil y a eu le cas des enfants roumains dans les
institutions de ce pays mais il ny a pas que la Roumanie. Dans
dautres endroits, il y a ces enfants qui ont été
abandonnés, qui sont des enfants handicapés et très
difficiles à faire adopter.
On est là encore dans un cercle vicieux. Il y a des travaux
du Conseil de lEurope sur ce problème particulier, sur
les enfants autistes également. Ainsi le Conseil de lEurope
soccupe vraiment de questions très pointues, et il uvre
également en ce moment sur le rôle des pouvoirs locaux
et leurs responsabilités. En effet le Conseil de lEurope
a un congrès des pouvoirs locaux et régionaux, et cest
dans le cadre de ce congrès que lon réfléchit
sur leur rôle à légard des personnes handicapées.
Jajoute enfin que le Conseil de lEurope a toujours travaillé
en étroite liaison avec le monde associatif et dans ce domaine
en particulier avec le Forum Européen des ONG. Ce Forum Européen
des Associations regroupe un grand nombre dassociations de personnes
handicapées présentes en Europe.
Laction du Conseil de lEurope complète laction
de lUnion européenne, ou à linverse, cest
laction de lUnion européenne qui complète
laction du Conseil de lEurope. Mais létat
desprit est le même et lévolution est la
même. On a franchi la première étape de lassistanat.
Cela ne veut pas dire que concrètement les aides soient suffisantes,
non. Mais au niveau des idées, on nest plus dans la logique
purement sociale, celle de lassistance sociale. On a atteint
le domaine des droits de la personne, le domaine de la dignité
de la personne, le domaine de la citoyenneté.
Cest un changement important et extrêmement fécond.
Ceci étant, est-ce que ces deux grandes organisations européennes
ont atteint les objectifs quelles sétaient fixés ?
Faire prendre conscience des problèmes du handicap, échanger
les bonnes pratiques et faire en sorte que tous les pays dEurope
salignent vraiment sur les meilleurs ...
Force est de constater que non, cet objectif nest pas encore
atteint. Et je pense aussi, comme je lai évoqué
tout à lheure avec lun dentre vous, aux échanges,
aux voyages qui peuvent être faits entre les pays européens
pour mieux comprendre ce que font les autres et tirer profit dexpériences
réussies ailleurs.
Dans cette voie, il y a encore beaucoup à faire. Parce que,
indéniablement, nous avons, nous Français, beaucoup
de leçons à tirer de ce que font nos amis suédois,
hollandais, norvégiens, pays scandinaves. Et nous avons aussi
beaucoup à apporter aux pays dEurope centrale et orientale
qui ont accumulé pendant le régime antérieur
des retards assez dramatiques dans ce domaine-là.
Nous avons encore énormément de choses à faire,
mais je vous ai décrit lexistant. Cet existant vous montre
une incontestable préoccupation. La multiplication des textes,
des initiatives, des réunions, etc. On montre que les instances
européennes ne sont pas indifférentes, loin de là.
Mais les réalisations concrètes se font attendre. Donc,
la conclusion reste contrastée. On pourrait collectivement
mieux faire.
Il y a peut-être une chose sur laquelle je nai pas encore
assez insisté, au moins dans la conclusion, même si je
lai dit au début. Cest que, dans ce souhait douverture,
déchange, de bonne pratique, de sensibilisation, laction
qui est menée ici, à Bordeaux et à Mérignac,
et notamment sous limpulsion de Bernard Frautschi, tout va tout
à fait dans le bon sens. Là, on peut dire que cest
lexemple à suivre et la nécessité. Cest
pour cela que je suis vraiment à laise ici, parce que
vous navez pas attendu les bonnes leçons venant dEurope.
Vous avez tout de suite vu la direction quil fallait prendre.
Bravo !
Mérignac,
le 14 juin 2005
Catherine LALUMIERE
Présidente
de la Maison de lEurope à Paris
Ancien Ministre